Guerre Israël-Hamas: les initiatives diplomatiques dans la région se multiplient 

Le gouvernement israélien dément l’idée d’une trêve au 10e jour de guerre avec le Hamas dans la bande Gaza. La tension reste vive aussi à la frontière nord d’Israël avec le Liban après des accrochages meurtriers ces derniers jours entre son armée et le Hezbollah. C’est dans ce contexte que de nombreuses initiatives diplomatiques ont été lancées

D’abord, Antony Blinken, le chef de la diplomatie américaine, multiplie les rendez-vous avec les plus hautes autorités israéliennes. Il s’est entretenu ce lundi 16 octobre sur une base militaire de Tel-Aviv avec le ministre de la Défense, après avoir rencontré aujourd’hui à la fois le Premier ministre Benyamin Netanyahu et le président de l’État d’Israël, Isaac Herzog.

Les États-Unis réaffirment le droit de l’État hébreu à se défendre, plaident pour une libération rapide des otages et insistent sur la fourniture d’aide humanitaire aux civils impliqués dans le conflit. Selon notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul, le président américain Joe Biden devrait se rendre lui-même en Israël dès ce mercredi.

Catherine Colonna en tournée régionale au Liban et en Égypte

Le sort des civils est aussi le point soulevé par Catherine Colonna, en déplacement en Égypte où elle a rencontré le président al-Sissi. La ministre française des Affaires étrangères estime que ceux veulent quitter Gaza doit pouvoir le faire. La France, dit-elle, accueille favorablement l’idée proposée par Le Caire d’une conférence internationale sur la question palestinienne. Plusieurs pays de la région, dont le Qatar et le Koweït ont confirmé être invités à cette conférence.

La cheffe de la diplomatie française, Catherine Colonna, a appelé ce lundi à Beyrouth le Liban à « tout faire » pour rester à l’écart d’un « engrenage » qui l’entraînerait dans la guerre entre Israël et le Hamas palestinien. « Les responsables libanais ont aussi une responsabilité à cet égard, pour éviter que le Liban ne soit entraîné dans un engrenage, dont il ne se relèverait pas », a déclaré la ministre lors d’une conférence de presse à Beyrouth, dernière étape d’une tournée régionale qui l’a menée en Israël et en Égypte.

Le chancelier allemand Olaf Scholz a de son côté annoncé ce lundi qu’il allait se rendre en Israël puis en Égypte cette semaine. Il s’agira pour le chancelier de la première visite d’un chef de gouvernement étranger en Israël depuis le début des affrontements. « Il m’importe de montrer concrètement ma solidarité [à Israël, NDLR] à travers ma visite », a déclaré le chancelier allemand lors d’une conférence de presse à Tirana, après un sommet des Balkans occidentaux. M. Scholz n’a pas précisé de date, mais selon plusieurs médias allemands et israéliens, le déplacement dans l’État hébreu est prévu mardi.

Vladimir Poutine s’entretient avec ses homologues de la région

Mobilisation aussi côté russe. Vladimir Poutine, après une série d’entretiens téléphoniques avec ses homologues iranien, égyptien, syrien, ainsi qu’avec le patron de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, fait part de sa grave préoccupation. Il s’est notamment inquiété lors de ces discussions de « l’augmentation catastrophique » du nombre de victimes civiles à Gaza et d’une éventuelle escalade du conflit entre Israël et le Hamas palestinien en une « guerre régionale ». 

Les dirigeants ont exprimé de manière « unanime » la nécessité « d’un cessez-le-feu rapide et de l’établissement d’une trêve humanitaire afin de fournir d’urgence une assistance à tous ceux qui en ont besoin », a ajouté le Kremlin dans un communiqué. Le président russe a une nouvelle fois estimé qu’un règlement durable du conflit israélo-palestinien devait passer par la « création d’un État palestinien indépendant ».

La Russie maintient traditionnellement de bonnes relations à la fois avec les autorités israéliennes et palestiniennes, ainsi qu’avec plusieurs acteurs régionaux tels que la Syrie, l’Égypte et l’Iran. Elle est également membre du Quartet pour le Moyen-Orient aux côtés des États-Unis, de l’UE et de l’ONU, censé servir de médiateur dans le conflit israélo-palestinien.

Le président russe Vladimir Poutine s’est aussi entretenu avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu. Le chef russe a évoqué ce lundi pour la première fois au téléphone le conflit avec le Hamas et l’a informé de ses échanges avec plusieurs dirigeants régionaux et de l’Autorité palestinienne. Selon Moscou, la discussion avec le Premier ministre israélien a porté « sur la situation de crise résultant de l’escalade brutale du conflit israélo-palestinien ». Vladimir Poutine a présenté « ses sincères condoléances aux familles et aux amis des Israéliens décédés ».

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire